La messe pas à pas
1- Petit lexique
2- Les mots de la messe
3- Quelques supports pour les enfants
4- La messe présentée par Mgr Dupleix
5- Le sens spirituel des gestes pendant la messe
6- La messe et ses symboles expliqués aux profanes (et aux catholiques aussi.)
7- La messe expliquée en images
8- La messe expliquée en vidéo
9- Pour aller plus loin ...
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1- Petit lexique
Messe ou Eucharistie ?
Une constatation s’impose : la messe est le mot habituellement utilisé pour désigner la célébration du sacrement de l’Eucharistie. En savoir plus
Liturgie
Culte public rendu à Dieu par l’assemblée des fidèles unie au Christ mystérieusement présent en son sein. Vatican II a rappelé ce vrai sens du mot liturgie employé souvent par nos contemporains dans le sens très dévalué de « cérémonial ». On appelle liturgie dominicale celle qui se rapporte au dimanche, jour du Seigneur.
Qu’est-ce qu’une année liturgique ?
L’année liturgique structure le calendrier des célébrations, des fêtes et des temps forts qui rythment la vie spirituelle des fidèles. Mais pourquoi l’Église a-t-elle choisi d’organiser son année de cette manière ? Quels en sont les temps principaux, et quel est leur rôle dans le cheminement de foi des chrétiens ? En savoir plus
La croix
Le symbole de reconnaissance des chrétiens. Au baptême, le prêtre en trace le signe sur le front. Le signe de croix débute la prière.
Le signe de Croix médité par Mgr Christophe Dufour, archevêque d’Aix et Arles
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2- Les mots de la messe
- Kyrie eleison (grec) = "Seigneur, prends pitié"
- Gloria (latin) = "Gloire à Dieu"
- Alleluia (hébreu) = "Louons le Seigneur" (= adorons)
- Credo (latin) = "je crois"
- Sanctus dominus (latin) = "Saint le Seigneur"
- Hosanna (hébreu) = "Qu'il sauve"
- Anamnèse (grec) = "se souvenir"
- Agnus dei (latin) = "agneau de Dieu"
- Eucharistie (grec) = "rendre grâce", "remercier"
- Amen (hébreu) = "ainsi soit-il"
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3- Quelques supports pour les enfants
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4- La Messe présentée par Mgr André Dupleix.
Nous avons souhaité présenter ici, en quatre temps, le contenu et la signification de la messe qui rassemble chaque dimanche, mais aussi en semaine, les fidèles catholiques et les communautés chrétiennes dont ils sont membres.
Cette initiative est d'autant plus utile qu'un grand nombre de baptisés, tout en participant régulièrement à l'eucharistie - autre nom de ce que nous appelons habituellement la messe - n'ont pas eu nécessairement l'occasion de réfléchir au sens profond des célébrations et des rites auxquels ils participent et dont ils sont, eux aussi, acteurs comme croyants et disciples du Christ.
Car la messe ne se réduit pas au seul rôle du prêtre. Elle engage les fidèles dans une démarche spirituelle et humaine qui leur fait vivre directement un lien très fort avec le Christ, ressuscité et présent dans chaque célébration. La messe n'est pas le seul rappel de ce qu'a vécu le Christ dans sa passion, sa mort et sa résurrection. Elle est un don illimité de vie pour chaque fidèle et pour la communauté qui célèbre. Elle est un souffle permanent d'espérance que nous transmet le Christ ressuscité et présent.
Les récents documents sur la catéchèse en France ont rappelé le rôle essentiel de la célébration eucharistique dans la vie des fidèles et dans la transmission de la foi ou dans ce que l'on a appelé la nouvelle évangélisation. Pas de transmission sans célébration. Pas de foi vécue ou de témoignage rendu sans prière. Et la messe est bien la forme la plus dense de la prière. Mais quels sont ces quatre temps, ou ces quatre étapes qui structurent la messe, et cela depuis les origines du christianisme, même si certains rites ont pu se modifier et quelle que soit la langue utilisée ? Car les quatre temps que nous indiquons sont déjà présents depuis le II° siècle et le resteront jusqu'à nos jours. Ils existent dès les premières célébrations de la Vigile pascale où étaient baptisés les catéchumènes. Cette Vigile restera d'ailleurs la référence et le modèle de toutes nos eucharisties. Ces quatre temps sont : l'accueil, la Parole de Dieu, l'Eucharistie et l'envoi. Ils sont également appelés dans nos différents missels : l'ouverture de la célébration, la liturgie de la Parole, la liturgie eucharistique et la conclusion de la célébration. Ces quatre temps sont indissociables et complémentaires. Nous en éclairerons les principaux éléments.
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La liturgie de l'Accueil
Le célébrant ouvre la célébration en accueillant les fidèles par des paroles appelant la présence du Seigneur sur l'assemblée. La formule la plus utilisée rappelle les derniers mots de saint Paul dans la deuxième Lettre aux Corinthiens (2 Co 13,13) : "La grâce de Jésus notre Seigneur, l'Amour de Dieu le Père et la communion dans l'Esprit-Saint soient toujours avec vous".
Il est donc évident que cette formule trinitaire - toute la messe sera d'ailleurs une prière trinitaire - nous laisse entendre que le rassemblement des fidèles n'est pas uniquement fraternel ou amical mais qu'il est placé dès le départ sous le signe de Dieu présent.
Vient alors la prière pénitentielle. Pourquoi donc commencer par une prière pénitentielle ? Simplement pour nous rappeler que la miséricorde divine nous permet, quelle que soit notre fragilité ou notre péché, d'entrer avec un cœur renouvelé dans cette célébration de l'amour. Si nous ne recevons que plus rarement le sacrement de pénitence ou de réconciliation, appelé aussi "confession", n'oublions pas que chaque eucharistie commence par une véritable confession de nos péchés, suivie d'une formule d'absolution. Il s'agit bien de nous préparer à la messe en reconnaissant avant tout l'amour miséricordieux de Dieu.
Nous pouvons alors, en le disant ou en le chantant, proclamer le "Gloire à Dieu au plus haut des cieux". La messe est bien le lieu où est manifestée cette gloire de Dieu, indissociable de la paix sur la terre aux hommes qu'il aime. Malgré nos faiblesses ou nos insuffisances, nous sommes capables de rendre gloire à Dieu et d'entrer dans la célébration avec un cœur joyeux et renouvelé.
Suit la prière d'ouverture qui, dans la diversité de ses formes, conclut cet accueil. Notons que les trois prières de la messe, celle d'ouverture, celle sur les offrandes et celle au moment de l'envoi, sont toutes adressées au Père par le Christ. D'où leur conclusion : "par le Christ notre Seigneur".
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La liturgie de la Parole
Ce deuxième temps de la messe est d'autant plus important qu'aucune prière, aucune célébration ne peuvent être faites sans prendre appui sur la Parole de Dieu. Que pourrions-nous dire de Dieu ou sur Dieu s'il ne s'était pas manifesté à nous, s'il ne nous avait pas parlé ? "Elle est vivante la Parole de Dieu" nous rappelle la Lettre aux Hébreux (He 4,12). Elle est aujourd’hui la source de notre joie et de notre espérance. Parce que cette Parole n’est pas suspendue en l’air. Elle retentit maintenant à nos oreilles et dans nos cœurs. Elle nous est rendue proche par l’Esprit-Saint, souffle de liberté, de créativité, de renaissance… Cette Parole nous éveille. La Parole de Dieu creuse en nous le désir. C’est bien ce que nous montre la grande tradition des prophètes, dans leur diversité. Comment ne pas citer ici l’aveu de Jérémie : « Tu m'as séduit, Yahvé, et je me suis laissé séduire ; tu m'as maîtrisé, tu as été le plus fort. Je suis prétexte continuel à la moquerie, la fable de tout le monde…La parole de Yahvé a été pour moi source d'opprobre et de moquerie tout le jour. Je me disais : "Je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son Nom" ; mais c'était en mon coeur comme un feu dévorant, enfermé dans mes os. Je m'épuisais à le contenir, mais je n'ai pas pu. » (Jr 20,7-9) Cette Parole a pris chair.
Le Prologue de l’Evangile de Jean nous dit « Et le Verbe s’est fait chair. Et il a habité parmi nous. » (Jn 1, 14). La Parole de Dieu est indissociable du corps humain. Elle a pris corps dans un homme, Jésus de Nazareth. La Parole de Dieu est désormais indissociable d’un visage, d’une existence concrète, des paroles de Jésus. Des paroles et des actes de Jésus, qui n’ont jamais été séparés. Cette Parole nous transforme. La Parole de Dieu, parce qu’elle est une Parole créatrice, n’est pas sans effet et sans conséquences dans notre existence quotidienne et sur l’ensemble de notre vie. Elle nous conduit à la conversion. La Parole de Dieu, vivante en nous et dans l’Histoire, est une source constante de croissance, de transformation et de développement.
Le deuxième temps de la messe est entièrement consacré à la Parole de Dieu, avec trois lectures et un psaume le Dimanche, l'Ancien Testament, le Nouveau Testament, le psaume et l'Évangile. Sur semaine il y a deux lectures, l'Ancien ou le Nouveau Testament, le psaume et l'Évangile.
L'Ancien Testament ou l'histoire du Peuple de Dieu. Il nous est bon de rappeler, dans la diversité des livres bibliques, comment Dieu s'est manifesté à son peuple. Depuis la Genèse et l'acte créateur jusqu'aux derniers écrits des prophètes, c'est la révélation de l'Alliance définitive entre Dieu et son peuple, entre Dieu et nous.
Le Nouveau Testament est essentiellement consacré aux Lettres de saint Paul et de Saint Jean. Les tous premiers écrits apostoliques qui ont guidé la vie des communautés chrétiennes naissantes. Ils sont, pour nous, des convictions et des conseils d'une totale actualité avec ce que nous vivons aujourd'hui.
Le psaume précédant l'Evangile appartient au livre des psaumes de l'Ancien Testament. Nous sommes associés, dans le réalisme et la beauté de ces écrits, à la confiance en Dieu et aux cris vers lui qui ont, jusque dans les épreuves, été exprimés par l'ensemble du Peuple de Dieu.
L'Alléluia qui est chanté avant l'Evangile redit la joie qui habite les fidèles lorsqu'ils reçoivent cette Parole de Dieu, source de toute espérance. L'Évangile est le point culminant de la Parole de Dieu. C'est, pour nous, chrétiens et baptisés, l'accueil et l'écoute des actes et des enseignements de Jésus qui, à travers les quatre évangélistes, Matthieu, Marc, Luc et Jean, et dans leur complémentarité, constituent la source et le socle de notre foi. Le triple signe de croix que nous faisons avant la lecture de l'Evangile, sur le front sur les lèvres et sur le cœur nous rappelle que la Parole que nous allons entendre va s'inscrire dans tout notre corps, tête, bouche et cœur. Compréhension, proclamation et amour... Seuls les ministres ordonnés, diacres et prêtres, en raison de leur responsabilité apostolique, peuvent proclamer l'Evangile.
L'homélie qui suit habituellement fait d'autant plus partie de cette liturgie de la Parole qu'elle en commente et en éclaire les textes en les actualisant pour notre vie quotidienne.
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La liturgie de l'Eucharistie
Après l'accueil et la liturgie de la Parole de Dieu, nous arrivons au troisième temps qui est le moment central de la Messe. Tout ce qui précédait peut-être considéré comme une forme de préparation à l'acte le plus important puisqu'il s'agit de la grande Prière eucharistique pendant laquelle, par les paroles du célébrant, le Christ sera rendu effectivement présent sur l'autel et donc au milieu des fidèles rassemblés. Cette prière eucharistique n'est pas à confondre, en raison de sa longueur et malgré le nom que nous lui donnons, avec les trois prières plus brèves dites par le célébrant, aux moments de l'accueil, de l'offrande et de l'envoi. Elle est précédée par quatre rites qui sont la Profession de foi, la Prière universelle, l'Offrande et la deuxième prière de la célébration. La Profession de foi, proclamée ou chantée le dimanche et pour les fêtes solennelles rappelle que toute célébration est une expression visible et publique de la foi chrétienne. Nous prions parce que nous croyons en Dieu.
Nous avons le choix entre deux formules de ce que nous appelons le Credo - mot latin signifiant "je crois". Ces deux professions de foi datent des premiers siècles de l'Église. La première, appelée "symbole des apôtres" est la plus ancienne et elle concentre les principales affirmations de la foi. La seconde est appelée "symbole de Nicée-Constantinople" parce qu'elle intègre avec plus de détails les déclarations de deux conciles, Nicée en 325 et Constantinople en 381. A partir de là rien ne sera retranché ou ajouté jusqu'à nos jours à ces professions de foi qui seront définitives pour toute l'Église.
Suit la Prière universelle avec des intentions précises. Comme son nom l'indique, elle s'étend non seulement à toute l'Église mais au monde et à nos communautés. Elle peut avoir des intentions particulières pour certaines célébrations, funérailles, mariages ou toute autre fête liturgique dans nos paroisses.
L'Offrande, appelée aussi "offertoire", signifie notre participation à l'Eucharistie, représentée par le pain et le vin que le prêtre offre à Dieu en notre nom, pour qu'ils deviennent le Corps et le Sang du Christ, pain de la vie et vin du Royaume éternel.
La deuxième prière de la célébration, appelée aussi "prière sur les offrandes", conclut ce rite de l'Offrande en nous préparant à vivre l'acte essentiel de la Messe que représente la grande Prière eucharistique.
Celle-ci est ouverte par un dialogue entre le prêtre et les fidèles, manifestant l'unité de la communauté dont le coeur est tourné vers Dieu dans une attitude de louange.
La Prière eucharistique commence par la Préface, précisant pourquoi il est digne et juste de rendre gloire à Dieu. J'insiste ici sur l'importance des préfaces. Dans leur diversité, elles sont remarquablement construites et donnent en quelques mots le sens de chaque célébration et des fêtes liturgiques. Elles sont une véritable catéchèse sur la foi chrétienne. D'où leur conclusion par l'acclamation du "Sanctus" évoquant la sainteté de Dieu avant que nous entrions dans la célébration du salut, que signifie la présence du Christ sur l'autel et dans l'assemblée des fidèles.
Il y a, depuis le Concile Vatican II, quatre principales prières eucharistiques mais aussi plusieurs autres adaptées à des circonstances précises parmi lesquelles une pour la réconciliation et une pour les assemblées d'enfants. La première prière eucharistique, dite "canon romain" était la seule utilisée jusqu'au Concile. Elle remonte au VIII° siècle. Il faut savoir que jusqu'au VI° siècle il y avait plusieurs dizaines de prières eucharistiques, appelées "anaphores" dans les liturgies orientales. La diversité de ces prières, rendue à nouveau possible par le Concile Vatican II, n'est donc pas une nouveauté mais une fidélité à la première tradition chrétienne.
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La prière eucharistique
Cest au centre de la Prière eucharistique que sont prononcées, par le célébrant, les paroles même du Christ "Ceci est mon Corps, ceci est mon sang" par lesquelles sa présence réelle devient effective pour l'assemblée qui célèbre. La prière se conclut par une "doxologie" - formule trinitaire et solennelle de louange adressée à Dieu le Père - rappelant le rôle central du Christ ("par lui, avec lui et en lui") et l'assistance du Saint Esprit.
La prière du Notre Père, suivie du signe de la paix que les fidèles échangent entre eux, marque bien leur unité avant de communier avec l'hostie, pain de vie et présence du Christ. Les fidèles viennent alors recevoir cette hostie avec foi et le respect dû à cette présence du Christ qui entre dans notre vie pour lui donner force et confiance. La communion est un geste essentiel pour la cohésion de la communauté chrétienne qui manifeste ainsi qu'elle forme un seul Corps, par son lien au Christ vivant.
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La liturgie de l'Envoi
Ce dernier temps qui peut être, à tort, considéré comme une conclusion rapide de la célébration, est en fait un moment très important. On pourrait même dire qu'il est, paradoxalement, d'autant plus important qu'il est bref ... En fait il s'agit, simplement mais essentiellement, de rappeler aux fidèles qui viennent de communier qu'ils n'ont pas reçu le Corps du Christ pour leur seule dévotion personnelle mais pour être envoyés dans le monde et là où ils vivent concrètement, comme disciples et chargés de transmettre la Bonne Nouvelle de l'Évangile.
Concrètement, l'envoi de la Messe est bien un envoi en mission. Nous reviendrons plus loin sur la signification de l'ancienne formule latine "Ite missa est"... Ce qui est sûr c'est que la célébration du Christ ressuscité ne peut se conclure que dans la fidélité à ses paroles : "Voici que je vous envoie" (Mt 10,16) ... "Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie" (Jn 20,21). "De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde." (Jn 17,18) … Tout baptisé est un envoyé.
Nous sommes, toutes et tous, œuvrant directement ou non au service de l'Église, au nom de notre baptême et de notre foi, comme membres des communautés chrétiennes, appelés à relever le défi d'un véritable engagement commun au service de la transmission et de la proposition de la foi. Par- delà nos différences d'approche et de pratique mais aussi enrichis par elles, nous sommes capables du renouvellement nécessaire pour accomplir aujourd'hui cette mission. Je pense à ces mots du théologien jésuite Gustave Martelet : « Qui pourra préciser les limites sociales économiques et politiques de l'eucharistie ?... La vraie révolution doit sortir des repas du Seigneur et personne ne devrait pouvoir arrêter les conséquences transformantes que ce mystère impose à la structure historique du monde »
La messe n'est donc pas une seule satisfaction spirituelle pour notre piété personnelle, elle est aussi et peut-être surtout, le sacrement de l'envoi en mission. Observons maintenant quels sont les quatre temps de l'envoi :
Il y a d'abord la prière finale faite par le célébrant où, dans la diversité des formules utilisées, l'affirmation que la nourriture spirituelle reçue pendant la célébration nous donne la force nécessaire pour être, dans notre vie quotidienne et là où nous vivons, des témoins actifs et confiants du Christ.
La bénédiction trinitaire qui suit n'est pas donnée par le prêtre lui-même mais bien par Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. Elle nous rappelle que toute la célébration était bien placée sous le signe de la Sainte Trinité.
Vient enfin la formule de l'envoi : "Allez dans la paix du Christ" … Ces mots ont directement le sens d'un envoi : allez ! Je reviens un instant sur le sens de l'ancienne expression "Ite missa est", malheureusement traduite à tort par "allez, la messe est dite." Le mot latin "missa" signifiait en fait "envoi" en raison de sa racine latine "missus", du verbe "mittere" dont la seule traduction est "envoyer". Le mot "messe" que nous utilisons veut donc dire "envoi" ... Rien n'est plus clair ! Toute la messe, d'une certaine façon, est un envoi … Un envoi en mission. Et les mots du prêtre "allez dans la paix du Christ" évoquent les paroles mêmes du Christ : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. ». La paix qui est donnée est indissociable de l'envoi ... La seule traduction possible de "Ite missa est" est donc : "Allez, c'est la mission ..."
C'est bien le sens du dernier chant de la célébration, suivi habituellement de la musique de l'orgue qui accompagne le départ des fidèles dans la joie. Joie d'être chargés d'une responsabilité missionnaire. Nous n'en sommes certes pas toujours conscients au moment où nous quittons l'église. Et pourtant c'est un fait : la messe à laquelle nous venons de participer est bien un envoi en mission ...
Il était bon de nous rappeler tout cela en évoquant les différents temps de la Messe. L'Eucharistie que nous avons célébrée ensemble ne nous replie pas sur nous-mêmes mais fait de chacun et chacune de nous des porteurs de la Bonne Nouvelle de l'Évangile. Une Bonne Nouvelle pour notre monde et pour tous ceux et celles auprès desquels nous vivons chaque jour. Nous avons la responsabilité de transmettre la Parole de Jésus le Christ. Elle est source de vie et d'espérance.
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5- Le sens spirituel des gestes pendant la messe
Il y a d’abord notre entrée dans l’Eglise : au seuil même de cette Eglise, il y a ce beau geste de la signation sur nous-mêmes avec l’eau bénite ; ce geste qui nous empêche d’entrer machinalement en ce lieu, ce geste que nous referons plusieurs fois durant la célébration, et qui nous rappelle notre identité de baptisé, de croyant aimé de manière unique par ce Seigneur qui est Trinité.
Une fois entré dans l’église, il y a cette salutation faite de respect et d’adoration, que nous adressons au Seigneur présent en sa maison, dans l’eucharistie, au tabernacle. Cette salutation se manifeste par une génuflexion ou une inclinaison, avant de rejoindre notre place.
Il y a encore deux attitudes qui nous semblent peut-être banales, mais qui ont une signification et requiert donc une bonne tenue :
Attitude debout : attitude de respect, typiquement pascal : délivrés du péché et de la mort, nous ne sommes plus esclaves, mais vivant debout.
Attitude assise : c’est l’attitude de l’écoute : celle des lectures, de la prédication ; assis comme Jésus enfant au milieu des docteurs du temple, ou Marie, assise au pied du Christ, son Seigneur et ami.
Les 3 signes de croix, sur le front, les lèvres et le cœur, avant la proclamation de l’Evangile, sont à faire lentement et dignement, car ils sont là comme une prière : ouvre mon intelligence et mon cœur à Ta Parole ; aide-moi à la proclamer.
Il y a encore le cœur de l’eucharistie, la consécration et le récit de l’institution de la cène : nous pouvons, soit nous mettre à genoux, soit rester debout. Et lorsque le prête élève l’hostie, nous sommes invités à regarder, à contempler me Corps du Christ, Amour donné jusqu’au bout ; et ensuite, seulement, nous incliner profondément, en signe d’adoration (même chose pour le Sang du Christ).
Il y a encore le beau geste de paix qui s’enracine dans la phrase du Christ : « Quand tu vas présenter ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère (Mt 5, 23). Ce geste, qui existait dans la liturgie romaine dés le début du Vème siècle, n’est donc pas un banal salut amical ; il est cette paix reçue de Dieu, que nous partageons à nos voisins les plus proches, avant de communier au Corps du Christ, au Pain de l’Unité. Dans la liturgie, le but n’est pas de faire ce geste au plus grand nombre, sinon, pourquoi nous arrêter à la porte de l’église ?
Il y a encore juste avant la communion ce beau geste de se frapper la poitrine : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir » : signe d’humilité, comme chez le publicain de la parabole de l’Evangile.
Il y a ensuite ce déplacement que nous vivons pour aller communier. Ce déplacement a du sens : il exprime notre décision personnelle, que nous prenons en conscience au plus intime de nous-mêmes. En effet, communier n’est pas automatique ; ce n’est pas parce que nous allons à la messe, que, forcément et systématiquement, nous allons communier.
Enfin, le geste de communion : la communion peut être reçue, soit dans la bouche, soit dans la main ; quelque soit le geste choisi, il doit être fait avec respect et dignité dans la foi. L’eucharistie, nous la recevons, et j’avoue être marqué parfois par ces deux mains qui se tendent (la main gauche sur la main droite) et qui disent admirablement cette volonté d’accueillir ce trésor de l’eucharistie au creux de la vie. Ce rite est très ancien et mentionné au III et IVème siècle dans des textes chrétiens. Il a été remis en valeur il y a une quarantaine d’années. N’ayons pas peur de dire notre foi dans l’eucharistie, par un AMEN audible et convaincu. Pour les personnes qui communient dans la main, il va de soi que la communion s’effectue près du prêtre, et non à sa place.
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7- La messe expliquée en images
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8- La messe expliquée en vidéo
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9- Pour aller plus loin…
Guide Pratique – Pour mieux vivre la messe 36 gestes & paroles à comprendre, Anne-Marie Aitken, xavière, Thierry Lamboley, jésuite, Editions SER, (2014)
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Rites et paroles de la messe, Jean-Yves Garneau, Editions Médiaspaul (2007)
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Redécouvrir la messe, Michel Scouarnec, Éditions de l’Atelier (2007)
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Guide pour comprendre la messe, Arnaud Join-Lambert, Editions Mame (2002)
La messe, Cardinal Jean-Marie Lustiger, Editions Bayard (2009)
Eucharistie, Jean Debruynne, édition Mame
Du bon usage de la liturgie, Centre National de Pastorale Liturgique, Editions du Cerf (1999)
Présentation Générale du Missel Romain, disponible sur le site du Vatican
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